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Bravo Sandrine !!

Toutes nos félicitations à Sandrine, qui a brillament remporté notre concours, et qui nous a accompagné jusqu'au sommet !!

Sandrine

Rédigé par La cordée le 01 juillet 2006 | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)

Les photos de notre ascension (3/3)

Vendredi 23 juin, aux alentours de 12h00. Nous venons d'apprendre que nous tenterons le Mont-Blanc l'après-midi même. Nous sommes à la fois excités et assomés par cette nouvelle. Ce n'est plus dans un mois, ce n'est plus demain, c'est maintenant... Nous en oublions presque les quatre heures d'escalade de la matinée sur cette satanée falaise de roches. Notre guide nous sort de la torpeur: "Eh les gars, faut vite finir de manger et on se prépare !". Nous nous exécutons et nous retrouvons quelques minutes plus tard à nous ré-équiper à l'extérieur. Le contenu de nos sacs a été réduit au strict minimum. Liquides, quelques barres énergétiques, des protections contre le froid et le soleil, rien d'autre.

Premier pas dans la neige... Nous sommes à l'assaut de notre objectif. Au passage d'une première corniche située au-dessus du refuge, un paysage sublime se dévoile à nos yeux : Une mer de glace fièrement dominée par notre premier obstacle, le Dôme du Goûter, qui culmine paisiblement 500 mètres au-dessus de nous. Une colline aux flancs arrondis recouverts de neige. À pareille altitude, on appelle cela une montagne paraît-il. Nous confirmons. Nous mettrons deux heures à en rallier le sommet dans la douleur. Une douleur qui n'épargnera personne. Pas même Christophe qui fera demi-tour avec Auguste à hauteur des 4200 mètres, dans l'impossibilité de trouver son rythme en raison de la raréfaction de l'oxygène.

Nous continuons notre ascension à trois, Éric, Michel et moi. Nous voici enfin plantés sur les 4300 mètres de ce faux-frère de Dôme du Goûter. Derrière lui, le Mont-Blanc s'offre à nous, avec sa face nord, ses bosses et ses arêtes. Nous découvrons l'ampleur de la tâche qu'il reste à accomplir, ce n'est pas rien. "Bon allez les gars, on va y arriver !"... Éric ne me répond pas... Je l'interroge: "Éric, tu vas bien ?". "C'est vraiment pas terrible là non..." me répond-il péniblement, "vraiment trop mal à la tête...". Ce mal de tête, ce sera notre compagnon le plus fidèle jusqu'au sommet. Une barre sous le front, les tempes qui tapent, les oreilles qui bourdonnent. Mais Éric a un mental et ne lachera pas, je le sais, enfin je l'espère du moins... Je l'encourage, Michel l'encourage, nous repartons.

Nous passons le refuge Vallot et entamons les pentes de la bête. C'est raide, très raide. On ne réfléchit plus, on avance. Chaque pas est une victoire. "Allez Éric, on y est presque !", "Allez, tu ne lâches rien là, on va au sommet !!", le pauvre, je ne sais même pas combien de fois il a dû m'entendre prononcer ces mots derrière lui. Je ne sais même pas s'il les entendait à vrai dire... Nous nous arrêtons à intervalles réguliers, nous nous déshydratons de plus en plus, Éric parle de moins en moins.

"Plus qu'une heure et demie", "plus qu'une heure", "encore une grosse demie-heure"... Nous nous rattachons aux maigres repères que veut bien nous donner Michel. Jusqu'à atteindre cette fameuse arête sommitale, interminable, qui mène aux 4808 mètres tant convoités. Plus que quelques dizaines de mètres, nous ne pouvons plus échouer, nous allons le faire... ça y est, plus rien au-dessus, nous voyons le sommet se découvrir sous nos yeux... De dos Éric me tend sa main, nous nous congratulons. Objectif Mont-Blanc atteint !!!

Il n'existe pas de mots pour vous décrire la sensation incroyable que l'on ressent à se tenir là-haut. Tout ce qui nous pesait depuis de heures, la fatigue, le mal des montagnes, le froid, est balayé en l'espace d'une seconde. Plus rien n'a d'importance. On découvre son visage au soleil et au vent, et l'on regarde... On se remplit la tête de ces images somptueuses qui resteront gravées dans nos mémoires à jamais. Nous resterons une demie-heure au sommet à profiter du spectacle, avant d'entamer la descente, à bout de forces. Mais ce n'est pas grave, c'est fait désormais...

Je crois qu'il existe des moments d'une rare émotion dans une vie, des moments uniques, celui-ci en fait partie, assurément...

Cliquez ci-dessous pour voir les photos.

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Rédigé par La cordée le 30 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)

Les photos de notre ascension (2/3)

Vendredi 23 juin, 7h30. Dans un dortoir du refuge de Tête Rousse. Nous nous réveillons lentement tous les quatre. Nos guides ont pris la décision la veille au soir: "Nous ferons le Mont-Blanc demain pour vous laisser le temps de vous acclimater en vous reposant cette après-midi après notre arrivée au refuge". L'étape du jour consistait donc a priori à rallier le deuxième refuge de l'itinéraire, le refuge du Goûter, qui culmine à 3817 mètres d'altitude.

En nous habillant, nous repensons à la rumeur qui a rapidement gagné tout le réfectoire en fin de soirée : "Armand n'est pas rentré au Goûter, il a dû se passer quelque chose". Nous apprendrons au matin que ce guide de Megève est tombé en redescendant du sommet du Mont-Blanc avec les deux personnes qu'il accompagnait. Ils ont tous trois été retrouvés morts sur le Grand Plateau, après une glissade de plusieurs centaines de mètres parmi les séracs et les rochers...

Un oeil au dehors, le temps est magnifique. Nous surplombons une mer de nuages de laquelle seuls quelques sommets semblent réussir à s'extirper. À 800 mètres au-dessus de nous, nous apercevons le refuge du Goûter. Impossible cependant de repérer à vue l'itinéraire qui y mène. Devant nous, rien d'autre qu'une impressionante falaise de rocailles. Première appréhension. Nous nous équipons, crampons, casques, piolets à la main, nous nous encordons à nos guides. Trois noeuds seulement, au lieu de quatre... Les regards sont fuyants, l'ambiance est lourde. Nous quittons l'un des nôtres pour ne poursuivre qu'à trois cette aventure.

Nous entamons notre marche vers le refuge du Goûter. Première difficulté : la traversée du "Couloir de la Mort", tristement célèbre pour détenir le record du nombre de victimes sur le massif du Mont-Blanc. La trace est étroite et les pierres déboulent dans le couloir à une vitesse ahurissante. Nous faisons quelques mètres en avant, le guide m'arrête net ! Une pierre aussi grosse que le poing vient de passer à un mètre devant nous. Nous accélérons le pas ! Il m'arrête à nouveau, les chutes de pierres s'intensifient. Nous finissons la traversée au pas de course et nous nous abritons sous les rochers de la falaise.

La falaise... Nous y sommes, c'est donc bien par ce mur de pierres qu'il va falloir passer. Nous entamons les premiers mètres, le vertige me prend. Chaque pas donne l'impression de risquer sa vie. Début d'une tension nerveuse qui ne retombera pas avant notre redescente le lendemain. La montée est longue, périlleuse, et fatigante. Chaque obstacle insurmontable est surmonté, l'un après l'autre, au prix d'une concentration et d'une prise sur soi érintantes, trois heures durant.

Il est 12h00, nous gravissons les derniers mètres qui nous séparent encore du refuge du Goûter à la force des bras, accrochés aux câbles installés à cet endroit particulièrement vertigineux de l'ascension, les pieds patinants sur la glace qui recouvre la roche. Encore un effort. Nous y sommes !! 3817 mètres. Nous apercevons en-dessous de nous le trajet emprunté et les cordées qui grouillent parmi la rocaille telles des fourmies. Impressionant ! Il faudra redescendre également...

Nous nous installons à la table du refuge avec Michel et Auguste, pour manger une soupe et reprendre des forces. Auguste discute quelques instants avec Michel et se tourne vers nous. "Écoutez... physiquement je vous sens bien et vous ne serez de toute manière pas mieux demain, le temps est idéal, je vais vous donner un médicament contre le mal des montagnes... On va au Mont-Blanc cette après-midi".

"On va au Mont-Blanc cette après-midi". Cette phrase résonne encore aujourd'hui dans nos têtes comme un coup de fusil... (à suivre).

Cliquez ci-dessous pour voir les photos.

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Rédigé par La cordée le 29 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (1)

Les photos de notre ascension (1/3)

Jeudi 22 juin, première journée. Nous nous retrouvons aux pieds du téléphérique de Bellevue vers 13h00. Le temps de nous équiper et de grignotter un sandwich sur le pouce, nous voici embarqués jusqu'à 1800 mètres d'altitude, point d'arrivée du téléphérique et départ de notre ascension. Nous devons rejoindre le refuge de Tête Rousse (3167 mètres d'altitude) d'ici la fin d'après-midi. Le temps est nuageux et lourd. 4 heures de marche nous attendent...

Les premières difficultés arrivent rapidement, Fred ayant du mal à trouver son rythme. Christophe, Éric et moi-même essayons de le soulager en le délestant de quelques kilos, mais rien n'y fera. Fred poursuivra tout de même courageusement l'ascension jusqu'au refuge de Tête Rousse, accompagné d'Auguste, l'un de nos deux guides. Nous prenons de l'avance avec Michel, notre autre guide. Au bout de deux heures de marche, nous atteignons les premières neiges, le vent durcit. Le dénivelé se fait de plus en plus fort, et nous abordons les premiers passages vertigineux, "pour nous tester" nous confiera plus tard Michel. Et à raison, puisqu'il ne s'agissait que d'un ridicule aperçu de ce qui nous attendait le lendemain.

Nous faisons plusieurs pauses le long du parcours, il faut s'économiser. Nous buvons, nous mangeons ces boissons et aliments énergétiques que nous consommerons trois jours durant jusqu'à écoeurement... C'est alors que nous apercevons le refuge, haut perché sur le flanc de la falaise. L'effort à fournir est encore grand, mais l'objectif est en point de mire. Une heure plus tard nous y sommes, refuge de Tête Rousse, 3167 mètres. Fred nous rejoindra quelques temps plus tard avec Auguste, exténué... Il a déjà pris la décision de redescendre (à suivre...).

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Rédigé par La cordée le 27 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)

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